Il n’existe pas de statut distinct pour un jeune intermittent du spectacle. Les conditions publiées par France Travail ne varient pas selon l’âge. Pour ouvrir des droits à l’assurance chômage des intermittents, il faut justifier d’au moins 507 heures de travail dans le spectacle au cours des 12 mois précédant la fin de son dernier contrat. Il faut ensuite s’inscrire à France Travail au bon moment. Voici comment ces heures sont comptées, ce que le régime apporte et ce que montrent les chiffres de l’Unédic sur les moins de 26 ans.
Annexe 8, annexe 10 : de quoi parle-t-on ?
L’« intermittence » désigne des règles particulières de l’assurance chômage, prévues pour les artistes, ouvriers et techniciens du spectacle employés en CDD. L’annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens. L’annexe 10 concerne les artistes.
Pour relever de l’annexe 8, deux conditions sont nécessaires. Votre employeur doit exercer dans un secteur concerné : cinéma, audiovisuel, édition phonographique, radio, télédiffusion, spectacle vivant, prestation technique pour la création et l’événement, entre autres. Votre fonction doit aussi figurer dans la liste des emplois de l’annexe 8. Si vous avez travaillé à la fois comme technicien et comme artiste, c’est l’annexe dans laquelle vous totalisez le plus d’heures qui s’applique.
Les conditions pour devenir jeune intermittent
Pour qu’un jeune intermittent obtienne une ouverture de droits, France Travail exige notamment :
- 507 heures de travail ou d’heures assimilées sur les 12 mois précédant la fin de contrat retenue ;
- d’être inscrit comme demandeur d’emploi et à la recherche effective et permanente d’un emploi ;
- d’être physiquement apte à exercer un emploi ;
- de résider en France métropolitaine, dans les DOM (hors Mayotte) ou dans certaines collectivités d’outre-mer (Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin) ;
- de ne pas avoir démissionné de son dernier emploi, ou de justifier de 455 heures de travail après la démission.
Un artiste ou technicien qui travaille dans un autre pays de l’Union européenne doit en outre justifier d’une dernière fin de contrat en France.
Comment les 507 heures sont-elles comptées ?
Les heures sont recherchées sur une période de référence de 12 mois (365 jours) précédant la fin de contrat prise en compte. Elles sont établies à partir des documents transmis par les employeurs à France Travail : les attestations d’employeur mensuelles (AEM), ou les déclarations uniques et simplifiées (DUS) pour les employeurs affiliés au Guichet unique du spectacle occasionnel (GUSO) dont le spectacle n’est pas l’activité principale.
Quelques règles de décompte sont utiles à connaître :
- Les cachets. Un cachet compte pour 12 heures. Pour atteindre 507 heures, il faut donc 43 cachets : 42 cachets ne totalisent que 504 heures.
- Les plafonds mensuels. Le nombre d’heures retenu par mois civil est limité : 208 heures pour les ouvriers et techniciens (250 s’ils ont eu plusieurs employeurs dans le mois), 28 cachets pour les artistes.
- Les répétitions. Pour les artistes, les répétitions comptent si elles sont déclarées et payées par l’employeur. Les heures de création en résidence comptent lorsqu’elles préparent la production d’un spectacle.
- Les heures assimilées. Certaines périodes comptent à raison de 5 heures par jour : congé maternité ou d’adoption indemnisé, accident du travail, arrêt maladie lié à une affection de longue durée sous conditions. Les formations non rémunérées par l’assurance chômage sont retenues dans la limite de 338 heures, et l’enseignement artistique ou technique dispensé dans un établissement agréé dans la limite de 70 heures. Le total formation et enseignement ne peut pas dépasser 338 heures.
Ne sont pas retenus : les contrats de droit commun hors spectacle, l’intérim, le travail comme indépendant ou auto-entrepreneur, les heures non déclarées lors de l’actualisation mensuelle et les contrats encore en cours.

Jeune intermittent : s’inscrire au bon moment
C’est le point qui piège le plus souvent un jeune intermittent. L’inscription à France Travail génère automatiquement une demande d’allocation. Si vous vous inscrivez avant d’avoir atteint les 507 heures, mais avec au moins 6 mois d’affiliation, c’est un droit au régime général qui s’ouvre. Les heures de spectacle déjà effectuées ne pourront alors plus servir à une admission au régime des intermittents.
Pour préserver ces heures, France Travail recommande de s’inscrire au moment où l’on remplit les conditions. Dès le lendemain du contrat qui permet d’atteindre les 507 heures, la demande d’allocation se dépose depuis l’espace personnel. Il faut y déclarer toutes les activités que France Travail ne connaît pas encore.
Ce que change l’ouverture de droits
Le droit est attribué jusqu’à une « date anniversaire », fixée 12 mois après la fin de contrat retenue. Il dure donc 12 mois au maximum. À cette date, les droits sont réexaminés. Un délai d’attente de 7 jours s’applique à l’ouverture, et des franchises liées aux congés payés et aux salaires peuvent réduire les jours indemnisés.
Le montant de l’allocation journalière dépend des salaires perçus et des heures travaillées. Selon le guide de France Travail daté de juillet 2026, il ne peut pas dépasser 174,80 € bruts par jour. Il ne peut pas non plus descendre sous 38 € pour l’annexe 8 et 44 € pour l’annexe 10. Ces valeurs peuvent évoluer : à vérifier sur le site de France Travail avant toute décision.
L’allocation se cumule avec les revenus d’activité, à condition de déclarer chaque mois tout ce que l’on a travaillé. D’après l’Unédic, un peu plus de 8 allocataires sur 10 travaillent chaque mois, et l’indemnisation représente en moyenne 45 % de leurs revenus totaux, allocation et revenus déclarés confondus. C’est donc un complément, pas un salaire de remplacement. En 2025, la dépense moyenne d’indemnisation par allocataire était d’environ 1 117 € bruts par mois. Il s’agit d’une moyenne, pas d’un montant garanti.
Jeune intermittent : ce que disent les chiffres
L’Unédic a publié le 22 septembre 2026 une analyse sur l’année 2025. Environ 146 000 droits ont été ouverts au titre des annexes 8 et 10, dont 70 000 en annexe 8 et 76 000 en annexe 10. En moyenne, 141 000 personnes y étaient couvertes chaque mois.
Le régime compte peu de très jeunes : 7 % des allocataires ayant ouvert un droit en 2025 avaient moins de 26 ans, contre 26 % dans le régime général. Le profil du jeune intermittent est aussi plus diplômé que la moyenne : 68 % des allocataires ont un diplôme supérieur au bac, contre 36 % dans le régime général. Enfin, 42 % vivent en Île-de-France, contre 18 % dans le régime général. Ces chiffres décrivent les profils constatés, pas des conditions d’accès.
Dans l’annexe 10, trois allocataires sur quatre exercent dans la musique, le chant ou l’art dramatique. L’annexe 8 couvre des métiers plus variés : image, gestion de production, plateau et machinerie, son, régie.
Après la première ouverture de droits
À la date anniversaire, France Travail réexamine le dossier. La réadmission suppose de justifier à nouveau de 507 heures. Selon l’Unédic, 7 allocataires sur 10 rouvrent des droits sans interruption de couverture.
Si le seuil n’est pas atteint, une « clause de rattrapage » existe : jusqu’à 6 mois d’allocation pour compléter les heures manquantes. Elle exige au moins 338 heures sur les 12 derniers mois et cinq ans d’affiliation au régime sur les dix dernières années, soit 5 ouvertures de droits ou 2 535 heures. Cette dernière condition la rend difficile à remplir en début de parcours. Dans certains cas, des allocations de solidarité financées par l’État (APS et AFD) peuvent prendre le relais pour les personnes qui ont déjà eu un droit « spectacle » épuisé. Un premier droit épuisé ne suffit donc pas à garantir une suite.
Les règles d’assurance chômage évoluent. Avant de s’inscrire, un jeune intermittent a intérêt à relire la version à jour du guide de France Travail et à faire vérifier son décompte d’heures.
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